L’art de la conversation

« Parler est un besoin, écouter est un art » Goethe

« Une conversation satisfaisante est une conversation qui vous fait dire des choses que vous n ‘avez jamais dites sur vous-même. » Théodore Zeldin

Plus nous serons curieux, ouverts et humbles dans nos échanges, plus nous en tirerons de bénéfices.

Qu’est-ce qu’une conversation réussie?

Une conversation avec un ou plusieurs interlocuteurs sera réussie si chaque personne est satisfaite dans ses 6 besoins suivants  :

  • Se sentir Protégée, en sécurité (P)
  • Etre Reconnue pour ce qu’elle apporte (R)
  • Exister pour ce qu’elle est (E)
  • Comprendre ce qui est dit (C)
  • Continuer à gagner l’estime de sa « Tribu », (T) au sens du collectif auquel elle appartient et ne pas être en rupture avec ses codes
  • Est réellement Intéressée par ce qui est partagé (I).

Abordez toute conversation en utilisant cette astuce mnémotechnique PRECTI® (décrite dans mon livre « 7 stratégies pour booster votre influence en réunion).

Si les besoins des parties à la conversation sont satisfaits, alors la conversation peut devenir fructueuse.

Les participants deviennent enclins à alimenter le réservoir des significations partagées autrement dit un espace dans lequel chacun partage ce qui fait sens pour lui et les informations circulent alors librement.

Cette fluidité dans l’échange constitue un carburant.

Le partage des informations est source de motivation et donne plus envie de  passer à l’action.

La sécurité ressentie offre plus  de garanties de prendre une décision pertinente.

1. Ecoutez simplement et soyez 100 % là. Rien ne sert de multiplier les signes que vous êtes attentifs à ce que votre interlocuteur est en train de vous dire si vous êtes effectivement attentif. N’abusez pas de la reformulation et autres hochements de tête. Soyez, en revanche, attentif à tous les mots. Quand vous demandez à un collaborateur s’il a passé un bon WE, et qu’il répond presque, il espère sans doute que vous vous intéressiez à ce presque.

2.Acceptez qu’il y ait une possibilité que l’autre ait quelque chose à vous apprendre.

Si l ‘introspection, (le fameux « connais-toi toi-même ») a des vertus, elle ne mène pas très loin si on s’obstine à penser que ce que l ‘on a à dire est infiniment plus important que ce que l ‘autre peut nous livrer. Ne commencez pas l ‘échange avec comme certains mauvais interviewers une liste de questions à cocher qui enferment l ‘échange.

3. Ne transformez pas la conversation en une leçon que vous donnez. Si vous avez envie de cela, écrivez un article sur Linkedin ou écrivez un blog/

4.Ecoutez pour comprendre, pas pour répondre. « Si la bouche est ouverte, vous ne pouvez pas écouter » Bouddha

5. Laissez-vous porter par l’envie de comprendre et reconnectez-vous à l ‘enfant curieux que vous avez été. Ecoutez sans chercher en même temps la question intelligente. Inspirez-vous de la technique journaliste pour poser des questions simples et qui font avancer : Qui, Quand, Comment, Où, Pourquoi?. Et si vous n ‘êtes pas convaincu et que vous souhaitez mettre à l ‘épreuve ce qui vous est dit, invitez votre interlocuteur à aborder le sujet sous un autre angle : est-ce que la solution est à la hauteur du problème ? Est-ce qu’on ne pourrait pas aborder les choses avec une autre perspective ou même défendre la thèse inverse ?

6. Essayez de ne pas vous répéter

La répétition est pédagogique, jusqu’à un certain point

7. Epargnez à votre interlocuteur les détails

8. Evitez les fausses bonnes remarques

  • « Là où tu as raison » souvent employé revient à donner tort à votre interlocuteur sur tout le reste.
  • Interrompre l ‘autre par un « C’est tout à fait comme moi ».

« Cette phrase semble être un écho approbateur, une manière de continuer la réflexion de l’ autre, mais c ‘est un leurre : en réalité, c’est une révolte brutale contre une violence brutale, un effort pour libérer notre propre oreille de l ‘esclavage et occuper de force l’oreille de l ‘adversaire. Car toute la vie de l ‘homme parmi ses semblables n’est rien d’autre qu’un combat pour s’emparer de l ‘oreille d’autrui ».

Milan Kundera « Le livre du rire et de l ‘oubli »

9. Ne cherchez pas à minimiser votre interlocuteur en lui expliquant qu’il est bien le seul à penser ce qu’il pense.

Ex : Tout le monde le dit, tous les français pensent comme moi

10. Faire référence à votre position, votre titre comme dernier argument ne vous permet pas de gagner des points, bien au contraire

Le « je suis le 1er ministre de la France » de Laurent Fabius dans son débat contre jacques Chirac en 1986 est encore dans les mémoires.

En résumé, il n’existe pas de conversation satisfaisante sans respect mutuel.

Pour conclure ce propos, redonnons la parole à Théodore Zeldin » Deux individus conversant honnêtement peuvent être inspirées par le sentiment de participer à une entreprise commune visant à inventer un art de vivre ensemble qui n ‘a pas encore été essayé ».

Toutes les conversations sont importantes. Certaines peuvent devenir cruciales, sans crier gare.

Sources inspirantes sur l’art de la conversation