Conseils pour réussir vos prochains entretiens de recrutement

Mettez-vous à la place du recruteur,  il doit trouver un candidat qui puisse :

– répondre au cahier des charges de son client

– être le plus rapidement possible disponible

– ne pas risquer de faire faux bond au dernier moment

– réussir sa greffe et s’intégrer sans heurt dans la nouvelle organisation (culture, valeurs, fit avec l’équipe, la hiérarchie, les pairs …)

– être vite opérationnel

– ne pas être hors-jeu si un mauvais écho sur lui surgit dans sa prise de références ou son réseau personnel

Toujours faire envie, pas pitié

Au cours de l’entretien, faites sentir que vous ne recherchez pas un job mais que vous êtes serein, à l’écoute du marché et confiant compte tenu des contacts que vous avez déjà eus.  

Convainquez sur votre adaptabilité

Si vous avez passé l’essentiel de votre carrière dans des grands groupes et que vous êtes reçu pour un poste dans une organisation moyenne.

Si vous avez un parcours monolithique longtemps dans la même entreprise ou le même secteur :  

– Attachez-vous à démontrer la diversité de vos expériences 

– Utiliser des termes qui parlent à votre interlocuteur :

Ex : Si vous venez du secteur textile et que vous vous adressez à quelqu’un qui est dans la mécanique, Ne parlez pas d’article pour désigner les produits mais de pièces.

Montrez que vous êtes hyper connecté au marché et au monde qui vous entoure

Si vous n’êtes plus en poste,  montrez que vous êtes actif (mission de conseil, bénévolat, mentorat pour une start up, formation en cours…). 

Rebondissez sur l’actualité du moment.

Rassurez sur votre impact quand vous êtes en poste

– Préparer toujours l’analyse fine de vos success stories

– Sachez présenter vos réalisations probantes autour des 5 ou 6 sujets majeurs comme le leadership, la transition numérique, la conduite de restructuration,  votre expérience à l’international, la conduite du changement en s’appuyant sur l’intelligence collective.  (une page de synthèse à relire avant chaque entretien)

– Etayez et argumentez tout ce que vous avancez par des faits concrets et chiffrés.

La communication est un marqueur de leadership

  • Adopter une communication rassurante qui respire la sérénité, la  simplicité et la convivialité. Vous êtes un dirigeant, que vous soyez en poste ou entre deux postes
  • Optez pour une présentation physique en phase avec le style qui prévaut dans l’organisation et aussi avec vous-même
  • Pensez  toujours aux 3 piliers de l’art oratoire avec l’acronyme R.D.V.  (Regard, Dos pour la verticalité et Voix ) :

    Regardez votre interlocuteur dans les yeux.

    Tenez vous droit, au fond du siège

     Soyez attentif au positionnement de votre voix et à son débit.

  • Ecoutez plus que vous ne parlez
  • Sachez aménager des silences
  • Montrez votre calme face à des questions indiscrètes/embarrassantes

Le jeu des questions/réponses

 Prévoir la prise de notes et demander si c’est OK pour votre interlocuteur

 Dans notre méthodologie, nous avons identifié une soixante des questions les plus communément posées.   Entrainez-vous à y répondre.

Check-list  des points d’attention à maîtriser : 

Vos réponses 

– Soyez bref dans les réponses, pas plus de 20 secondes dans un premier temps. Vous creuserez le point si vous y êtes invité.

– Sachez convaincre de la pertinence de votre projet au regard de votre carrière et des besoins du marché

Ayez préparé le sujet de votre rémunération antérieure et de vos attentes

– Montrez que vous avez les idées très claires sur votre cible d’entreprises

Activités  (Bto B, Bto C)

Taille d’entreprise

Entreprises françaises (Paris, île de France, Province)

Entreprises étrangères (Siège, filiale française)

Types d’actionnariat

Culture d’entreprise / raison d’être / entreprise à mission / Valeurs / Politique RH/Avantages sociaux

Profils des dirigeants

– Préparez votre position sur chacun des sujets majeurs qui préoccupent les entreprises (RSE, raison d’être, diversité, mixité, transition numérique…)  

– Soyez attentif aux questions pièges (Ex : un sujet que vous avez déjà abordé est ré-évoqué sous un autre angle)

Donnez- vous le temps de réfléchir en faisant reformuler une question

Ex : quelle serait l’approche que vous préconiseriez

-N’hésitez pas à reformuler une question pour vous assurer d’avoir bien compris.

Ex : Nous envisageons de refondre notre site interne au printemps

Souhaitez-vous commencer la remise à plat du site au printemps  ou que ce projet soit mené à bien et terminé au cours du printemps ?

Transformez un échec en expérience et revenez sur vos points forts

EX = EC (Echec) + EN (Enseignement)

Agissez sur les objections non forcément formulées de votre interlocuteur

Ex : L’âge, être un homme dans le contexte du projet de loi actuel, retour d’expatriation, parcours monolithique, doute sur les capacités à évoluer dans une entreprise de taille moyenne versus expérience dans grand groupe 

Intégrez, de façon spontanée des éléments pour rassurer  

Si les points jugés faibles sont évoqués

La préparation est essentielle :

  – Envisagez toutes les façons dont le sujet peut être abordé par le recruteur

– Formalisez les arguments que vous utiliserez en réponse.

Vos questions

Vos questions peuvent être plus importantes que vos réponses

Montrez de l’intérêt 

Faites-vous bien expliquer :

les problèmes inhérents au poste à pourvoir sans parler de problèmes mais de défis à relever, de missions à mener à bien, de challenges ou d’ enjeux. Quelle a été la dernière gestion de crise ?

l’organisation de la gouvernance (COMEX, Conseil d’administration)

Demander à rencontrer d’autres personnes de l’organisation (si le process est suffisamment avancé évidemment)

– Pour montrer votre bonne connaissance d’un sujet, vous pouvez utiliser les questions à choix multiples 

Privilégiez les questions ouvertes :

Ex : Sur quels critères,  le titulaire du poste sera évalué et selon quelles normes elle sera évaluée

Comment définiriez-vous votre marque employeur ? 

– Questionnez d’une façon inhabituelle

  les questions écho pour relancer votre interlocuteur en répétant à voix haute et sur un ton interrogatif le dernier ou avant-dernier mot qu’il a prononcé. Il sera incité à développer son propos.

Ex : «  Nous avons réussi à redresser la situation qui apparaissait comme désespérée. »

« Désespérée ? »

– les questions entonnoir pour canaliser la discussion  en posant une question très générale sur un thème donné, puis des questions de plus en plus précises

Ex : Pouvez-vous me préciser les 2 ou 3 grandes lignes de votre politique RH

Oui, nous croyons aux initiatives personnelles et les favorisons

Et comment se matérialise la promotion interne ?

Par des responsabilités plus larges et une plus grande autonomoe

Et sur quels critères particuliers évaluez-vous 

– Lister les questions que vous n’aimeriez pas que l’on vous pose

Les éléments à négocier dans un poste :

– vos responsabilités

– votre rattachement

– votre équipe

– votre futur salaire  (en dernier lieu)

Savoir clore un entretien

– Lorsque vous sentez que l’entretien touche à sa fin, assurez-vous 

Qui de vous deux à l’initiative du prochain contact

Si votre interlocuteur répond que c’est lui, dans quel délai ?

S’il vous répond dans une semaine, prenez alors votre agenda et dites à voix haute, cela nous amène donc au 5 février

S’il ne propose rien , proposez lui une alternative, dans 2 ou trois semaines

Cela va laisser de vous une image professionnelle, inciter votre interlocuteur à tenir parole, vous donne un point de repère pour une relance éventuelle.

–  Si vous êtes au bout du process  et que le recruteur  vous indique que vous etes retenu et veut vous présenter au client : 

Si vous hésitez encore et avez décidé de vous donner tout le temps nécessaire pour prendre votre décision, répondre que sa proposition vous intéresse  fortement et  que votre décision et quasiment prise  , vous souhaitez néanmoins prendre encore quelques jours pur revenir vers eux.

 Adressez toujours un mot de remerciement en le personnalisant

 Faites le Compte rendu de l’entretien en sortant.

  • Commencer par ce qui a très bien marché, c’est bon pour le moral
  • essayez de redérouler tout l’entretien et noter les (petits) mots qui peuvent voir de l’importance
  • Pointez en particulier les pour action, ce que vous avez ratez et qu‘il faudra rattraper,  la suite du processus, qui doit revenir vers l’autre et quand

Le cas échéant, relancez par mail sans jamais être demandeur  :

Ne le mettez pas en accusation en lui rappelant ses engagement

Tentez un angle différent en profitant d’une actualité qui pourrait intéresser votre interlocuteur

Traitez les refus avec doigté

Remercier par écrit ensuite, c’est une  façon d’ouvrir un pont , la personne retenue peut ne pas donner suite ou l’essai ne pas être concluant

Si c’est votre décision, mail de remerciement indiquant les raisons pour lesquelles vous déclinez la proposition, lui souhaiter qu’ils trouvent rapidement le profil recherché et que vous souhaitez vivement rester en contact avec eux.

EN SYNTHESE, les recruteurs ne retiennent pas ceux qui :

– manquent d’intérêt et d’enthousiasme

– qui sont difficiles à croire car ils prétendent avoir tout réussi

–  qui doutent trop d’eux-mêmes

– qui se présentent comme demandeur d’emploi

– ne sont pas assez discrets

– critiquent leur précédent employeur

– n’écoutent pas ou écoutent mal

– sont trop bavards

– ne sourient jamais

– sont arrogants

– ne prennent pas de notes

– ne posent pas de questions

90 jours pour réussir votre prise de fonction

La vie du dirigeant s’apparente souvent à un exercice d’équilibriste, mais jamais autant que lors d’une prise de fonction.

Alors que tout est incertitude et ambiguïté, on attend de vous que vous vous acclimatiez rapidement avec très vite de bonnes idées et des résultats positifs. Etes-vous bien préparé à cette période cruciale ?  

« Pour qui possède un marteau , tout à l’air d’un clou » Abraham Maslow

Les recettes qui vous ont permis de réussir jusque-là ne fonctionneront peut-être pas de la même façon.

Réapprenez à apprendre : c’est inconfortable et la tendance  naturelle est de rester sur vos domaines de compétence avec les personnes avec lesquels vous savez fonctionner.  

Y a-t-il des aspects de votre nouveau poste qui sont essentiels pour votre réussite mais dans lesquels vous n’avez pas très envie de vous investir. Comment allez-vous compenser les angles morts ?

Reconfigurez votre réseau

Auprès de qui pouvez-vous chercher conseils et avis ?

Prenez du recul et déterminer les parties de vote réseau à renforcer pour compenser les manques et angles morts.

Prenez conscience des biais auto-sabordeurs

Pendant votre prise de fonction, ils peuvent déclencher le système immunitaire de l’organisation et conduire au rejet de la greffe :

– ne pas s’intéresser à l’histoire profonde de l’entreprise

– ne pas avoir tourné la page de son entreprise précédente et la citer souvent

– parler plus qu’écouter dans les entretiens de découverte de votre on boarding programme

– penser que vous allez changer son chef

– vouloir absolument agir vite et privilégier le faire plutôt que l’être

– Chercher à changer pour changer

– Ne pas vous ajuster au contexte de l’organisation (croissance, restructuration, relance, pérenisation)

– Effectuer des changements sans vous attaquer aux problèmes profonds

– ne pas avoir négocié les ressources nécessaires à votre réussite

– Surestimer la capacité de votre équipe à absorber le changement

– Ne pas détecter les signaux faibles

– chercher à être apprécié par vos équipes, à tout prix

– Arriver avec «  la solution »

– vous révéler différent de la personne qui a été recrutée : Soyez lucide sur ce qui a séduit dans votre profil pour être recruté sur ce poste

Autorisez-vous à être accompagné pendant cette période sensible par un mentor ou un coach